Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Justice Sociale / Démocratie Directe / Nation Europe et الأمة العربية de Stéphane Parédé ستيفان بردي

La Démocratie Directe par Stéphane Parédé : Introduction

9 Février 2013 , Rédigé par justicesocialeetdemocratiedirecte.over-blog.com

 

Introduction

 

Définir le concept de démocratie directe n'est pas une tâche aisée et il est encore plus difficile de mettre ce système en pratique car cela exige d'une part l'approbation de la volonté « générale » et d'autre part une volonté « politique » clairement exprimée afin de la mettre en œuvre sans l'altérer.

La démocratie directe est indissociable du système démocratique et en est le cœur et la base.

 

Pour le Robert, la démocratie est « une doctrine politique d'après laquelle la souveraineté doit appartenir à l'ensemble des citoyens ».

La notion de liberté est lié à l'éducation d'où l'importance d'étudier à la fois « le Contrat social » et « l’Émile » de Jean-Jacques Rousseau pour comprendre le concept de démocratie directe.

Epictète a écrit : « Seuls les hommes éduqués sont des hommes libres ».

 

L'Histoire nous apprend que les exemples de démocraties sont un mouvement perpétuel dans l'évolution démocratique.

 

Le peuple (du grec dêmos) commande (kratein). Mais en quoi le peuple commande ? Cette idée est difficile à définir. On peut s'appuyer sur les discours de Montesquieu et Rousseau afin de se forger certains éléments amenant à la réflexion. Leurs discours trouvant parfois un même écho tout en s'en différenciant nettement. Montesquieu dit : « Lorsque, dans la République, le peuple en corps a la souveraine puissance, c'est une démocratie ». Mais il fait observer plus loin que : « le peuple, dans la démocratie, est à certains égards le monarque ; à certains autres, il est le sujet ».

 

Le souverain en tant que tel au sens propre, n'est pas un individu, c'est le peuple souverain :  « La souveraineté n'étant que l'exercice de la volonté générale ne peut jamais s'aliéner... le souverain, qui n'est qu'un être collectif, ne peut être représenté que par lui-même ; le pouvoir peut bien se transmettre, mais non pas la volonté. »

 

Cependant, Jean-Jacques Rousseau écrit dans le Contrat social qu'en fait : Dans le corps politique et dans le peuple souverain, on distingue « la force et la volonté : celle-ci sous le nom de puissance législative, l'autre sous le nom de puissance exécutive. Jean-Jacques Rousseau établit la conclusion qui est la suivante : La puissance législative n'appartient qu'au peuple, la puissance exécutive est déléguée par le peuple à un agent propre qui réunit la force publique et la met en œuvre selon la volonté générale. Il ajoute également : « que l'acte par lequel un peuple se soumet à des chefs n'est point un contrat ont grande raison. Ce n'est absolument qu'une commission, un emploi dans lequel, simples officiers du souverain, ils exercent en son nom le pouvoir dont il les a faits dépositaires, et qu'il peut limiter, modifier et reprendre quand il lui plaît ». (Le Contrat Social Pléiade, III, 396).

 

 

Une note dans le Contrat social montre qu'il lançait un appel à tout peuple qui oserait établir un régime démocratique « véritable » : « Il est encore en Europe un pays capable de législation : c'est l'île de Corse. La valeur et la constance avec laquelle ce brave peuple a su recouvrer et défendre sa liberté, mériterait bien que quelque homme sage lui apprît à la conserver. J'ai quelque pressentiment qu'un jour cette petite île étonnera l'Europe » (Le Contrat social, Pléiade, III, 351).

 

Les insurgés corses enthousiasmés par la prise de position de Jean-Jacques Rousseau lui demandèrent de les aider afin d'établir une constitution, ce sera le « Projet de constitution pour la Corse ». Rousseau se référant à Sparte écrira : « L'île de Corse, pouvant s'enrichir en argent, doit tâcher de s'enrichir en hommes. La puissance qui vient de la population est plus réelle que celle qui

vient des finances et produit plus sûrement son effet... Voici donc les principes qui, selon moi, doivent servir de base à leur législation : tirer parti de leur peuple et de leur pays autant qu'il sera possible ; cultiver et rassembler leurs propres forces, ne s'appuyer que sur elles, et ne songer pas plus aux puissances étrangères que s'il en existait aucune ». (Le Contrat social, Pléiade, III, 904).

On peut constater que « la Corse » de Rousseau a des traits ressemblants avec la Suisse. C'est en effet, à Genève que Rousseau songe lorsqu'il théorise le concept de démocratie directe. Le prologue du Contrat social confirme l'hommage rendu à son pays natal : « Heureux toutes les lois que je médite sur un bon gouvernement, de trouver toujours dans mes recherches de nouvelles raisons d'aimer celui de mon pays ».

 

Il établit un lien entre le citoyen et la patrie : « (…) Afin donc que ce pacte social ne soit pas un vain formulaire, il renferme tacitement cet engagement, qui seul peut donner de la force aux autres, que quiconque refusera d'obéir à la volonté générale, y sera contraint par tout le corps : ce qui ne signifie autre chose sinon qu'on le forcera à être libre ; car telle est la condition qui, donnant chaque citoyen à la patrie, le garantit de toute dépendance personnelle, condition qui fait l'artifice et le jeu de la machine politique, et qui seule rend légitime les engagements civils, lesquels, sans cela, seraient absurdes, tyranniques, et sujets aux plus énormes abus ».

Pour Jean-Jacques Rousseau, il est essentiel pour le pacte social de donner vie au corps politique et d'en déterminer la volonté et le mouvement par la législation : « (…) J'appelle donc république tout État régi par des lois, sous quelque forme d'administration que ce puisse être : car alors seulement l'intérêt public gouverne, et la chose publique est quelque chose. Tout gouvernement légitime est républicain ».

 

Rousseau a eu une influence primordiale pour la déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 ainsi que sur la Déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique, rédigée par Thomas Jefferson. Les rédacteurs de la Constitution américaine vont également être influençés par Montesquieu et vont appliquer « à la lettre » sa théorie sur la séparation des pouvoirs.

Alexis de Tocqueville écrit dans on œuvre La Démocratie en Amérique : « (…) l'objet principal d'un gouvernement n'est point, suivant vous, de donner au corps social entier de la nation le plus de force ou le plus de gloire possible, mais de procurer à chacun des individus qui le composent le plus de bien être et de lui éviter le plus de misère ; alors égalisez les conditions et constituez le gouvernement de la démocratie ».

 

 

Sur la souveraineté, la pensée de Rousseau est infiniment explicite, pour lui elle ne peut-être que populaire : « La souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu'elle peut être aliénée ; elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point ; elle est la même, ou elle est autre ; il n'y a point de milieu. Les députés du peuple ne sont donc ni ne peuvent être ses représentants, ils ne sont que ses commissaires ; ils ne peuvent rien conclure définitivement. Toute loi que le peuple en personne n'a pas ratifiée est nulle ; ce n'est point une loi ». (Le Contrat social 1762).

 

Si toutefois, les expériences de tentatives de mise en place de la Démocratie Directe, mise à part le cas particulier de la Suisse, ont pratiquement toutes été avortées, il n'en demeure pas moins qu'au plan local, ce concept est encore utilisé. Rousseau écrit lui-même que « La raison, le jugement viennent lentement, les préjugés accourent en foule ».

 

Comme le reconnaissait, Rousseau lui-même, en effet, la mise en pratique du concept de la démocratie Directe est difficile à réaliser.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article