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Justice Sociale / Démocratie Directe / Nation Europe et الأمة العربية de Stéphane Parédé ستيفان بردي

La "grande bataille de Damas"... n'aura pas lieu

22 Avril 2013 , Rédigé par justicesocialeetdemocratiedirecte.over-blog.com

Opinion

La "grande bataille de Damas"... n'aura pas lieu
Samer R. Zoughaib

Samedi 20 avril 2013

De l'aveu des rebelles et des médias occidentaux, généralement peu enclins à rapporter les succès militaires du régime, l'armée arabe syrienne a réalisé des progrès notables sur le terrain, qui auront des conséquences importantes sur la suite des événements.

La progression des troupes régulières ces cinq dernières semaines a dépassé les objectifs initiaux fixés par le commandement militaire. L'avancée ne se limite pas à un secteur bien déterminé mais concerne plusieurs fronts, notamment Damas, les campagnes de Homs, Idleb et Lattaquié, ainsi que les alentours d'Alep.

A Alep, une attaque fulgurante menée, fin mars, par une colonne motorisée de 150 véhicules -y compris une quarantaine de tanks- à partir de Salmiya, à Hama, a permis à l'armée régulière d'ouvrir une route de ravitaillement vers le sud d'Alep et d'empêcher les rebelles d'achever l'encerclement de l'aéroport de la ville et du vaste complexe industriel militaire. L'armée a sécurisé tous les villages situés sur cette route de plus de 120 kilomètres et a éloigné les insurgés des environs de l'aéroport, avant de lancer une offensive dans le but d'opérer une jonction avec les troupes situées au sud de la ville d'Alep.

Utilisant la même tactique de l'attaque fulgurante, une autre colonne de l'armée a réussi, la semaine dernière, à briser le blocus imposé depuis six mois à deux bases militaires stratégiques situées dans la province d'Idleb (Nord), près de la ville de Maarat al-Nohman, tombée entre les mains des rebelles en novembre. Le désenclavement des bases de Wadi Deif et de Hamidiya a permis d'approvisionner les soldats qui y étaient encerclés et de reprendre le contrôle d'une portion de l'autoroute Damas-Alep au niveau de Maarat al-Noham, qui reste sous le contrôle des rebelles. Ces derniers ont subi de lourdes pertes, évaluées à plusieurs dizaines de morts et davantage de blessés. Cet important succès de l'armée lui a permis de revenir dans la campagne d'Idleb et, par conséquent, de réduire les pressions exercées par les groupes armés sur le chef-lieu de cette province, qui porte le même nom, et qui est restée sous le contrôle de l'armée.

Au nord de la province de Lattaquié, non loin de la frontière avec la Turquie, l'armée a menée une série d'attaques destinées à désorganiser les rebelles implantées dans des villages turkmènes de la région.

Dans la campagne de la province de Homs, une vaste offensive est en cours depuis plusieurs jours dans la région de Qoussair, non loin de la frontière avec le Liban. Les rebelles ont perdu du terrain et ont subi de lourdes pertes. L'armée régulière a occupé la colline stratégique de Mando, qui surplombe la ville même de Qoussair, considérée comme une des principales place-fortes des insurgés. Ces derniers ont envoyés d'importants renforts, acheminés principalement du Liban, pour tenter de reprendre cette colline. Les combats se poursuivent presque sans interruption.

Revers rebelles autour de Damas

Toutefois, les succès les plus importants de l'armée syrienne ont été enregistrés autour de Damas. Utilisant encore une fois la tactique de l'attaque fulgurante menée par des colonnes motorisées très mobiles et rapides, l'armée a pratiquement réussi à contourner puis à encercler le fief des rebelles appelé la Ghouta orientale (Est de Damas). Cette vaste offensive a été lancée vers la localité de Oteiba (30 kilomètres de la capitale) à partir de deux axes: le premier part de l'aéroport de Damas et de la localité de Awamid et le second de la localité de Doumeir et de son aérodrome militaire. Cette attaque a permis à l'armée régulière d'encercler la Ghouta orientale, où sont retranchés des milliers de rebelles, et d'où les renforts et le ravitaillement étaient envoyés aux insurgés retranchés dans la banlieue de Jobar, situé à un kilomètre de la célèbre place des Abassides, à l'intérieur même de Damas. Pour compléter le blocus total et hermétique de la Ghouta orientale, l'armée doit encore occuper les localités de Nachabiyé et de Marj el-Sultan, à l'est de l'aéroport international de Damas.

Dans le même temps, les troupes régulières ont repris le contrôle de la quasi-totalité de Daraya, considérée comme le principal quartier général rebelle, situé dans la Ghouta occidentale (sud-ouest de Damas), sécurisant davantage la route de l'aéroport, qui sépare les Ghouta orientale et occidentale.

Selon des experts militaires, ces opérations visent à empêcher les forces rebelles d'opérer la jonction entre les Ghouta orientale et occidentale, condition préalable et indispensable pour lancer la fameuse "attaque décisive" contre Damas. Surtout qu'une telle jonction assurerait aux rebelles une continuité géographique allant du Nord-est de la capitale à leurs fiefs dans la province de Daraa, au Sud, en passant par la Ghouta occidentale.

A Daraa, plusieurs milliers d'insurgés, entrainés, équipés et armés par les troupes spéciales américaines en Jordanie (de l'aveu même des médias américains et britanniques), ont lancé une offensive qui leur a permis d'occuper une ceinture de 25 kilomètres le long de la frontière avec le royaume hachémite ainsi que plusieurs localités, notamment la grande bourgade de Daël. Mais après ses succès initiaux, l'avancée rebelle a été stoppée par l'armée qui a regroupé ses troupes et lancé une contre-offensive.

La conséquence première de ces développements militaires, plus particulièrement autour de la capitale, est que la grande bataille de Damas, dont les préparatifs se déroulaient d'arrache-pied depuis des mois, n'aura pas lieu dans les mois à venir. Cité par le quotidien saoudien Ach Shark Al-Awsat, le porte-parole officiel du secteur sud de l'«Armée syrienne libre» (ALS, rebelles), Matar Ismaïl, reconnait ces faits. «La bataille de Damas n'aura pas lieu dans les prochaines semaines, comme l'affirment les médias, dit-il. Après l'ouverture (par l'armée) des fronts de Oteiba et de la Ghouta orientale, à partir de Doumeir et de l'aéroport, le lancement de l'offensive contre la capitale a été reporté». Un certain Abou Adel, présenté par le même journal comme membre du «Bureau de la communication des forces rebelles» à Jobar, estime, quant à lui, que l'heure de la bataille décisive de Damas est «très lointaine».

Ces développements militaires, qui ne sont pas en faveur des rebelles, en dépit de leur relative progression à Daraa, éloignent la perspective de la chute du régime à court ou moyen termes, y compris dans le discours politique des puissances occidentales. Il ne faut pas s'étonner, dès lors, que ces pays reprennent prochainement langue avec la Russie pour reparler de la «solution politique».

Source: moqawama.org

 

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Samer_R.Zougheib.200413.htm

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