LA RÉCOLTE 1902-2026
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De la Terre Craquelée à l'Accord, à la Récolte — 1er Novembre 1902 - 1er Novembre 2026 — 124 ans — La Tierra No Miente
Par Stéphane Escarabajal Parédé- Paredes — Misserghin — Nîmes — 1 novembre 2026
Le 1er Novembre 1902, à Misserghin, près d'Oran, dans la plaine de la Sebkha, naît Juan Pedro Paredes Garcia. Troisième enfant de Francisco Miguel Paredes Garcia, né le 29 septembre 1854 à Águilas, et de Josefa Escarabajal, née vers 1870. Josefa. Escarabajo. Le scarabée de terre. Ce qui reste quand les murs tombent. La terre travaillée.
Le 1er Novembre 2026, cent vingt-quatre ans plus tard, renaît ce qui aurait dû s'appeler depuis longtemps le Manifeste Jornalero-Fellah. Même jour. Même date. Wamber. De Wamber 1902 à 1 Wamber 2026.
Entre ces deux dates, il y a toute une histoire qui n'est pas qu'une histoire familiale. C'est une histoire de terre.
1892. Misserghin. La Sebkha est une terre craquelée, salée, dure et sèche. C'est pire au début que la mine. À Mazarrón, la mine s'est effondrée en 1888, avec cinq années de sécheresse. Francisco arrive en barque, comme tant d'autres. Il croit trouver mieux. Il trouve la terre craquelée. Et pourtant, c'est là que tout commence.
Car cette terre dure, il ne la travaille pas seul. À ses côtés, il y a le fellah. L'Algérien ne parle pas espagnol. Francisco ne parle qu'espagnol. Ils parlent la terre. Même houe. Même sueur. Même sillon ouvert à deux.
Le 15 Avril 1895, près d'une cabane en pisé, au coucher du soleil, entre les oliviers, les outils posés contre le mur, ils se serrent la main. Ce n'est pas un contrat. C'est un accord. L'équation est posée : JORNALERO = FELLAH. Le journalier murcien, ouvrier agricole de la lignée Al-Andalus, et le paysan maghrébin, travailleur africain de la terre, partagent la même condition, la même exploitation, la même dignité face à la terre.
Si ce texte avait été écrit à l'époque, l'administration coloniale l'aurait détruit. Elle voulait que Paredes devienne Parédé. Francisation forcée de 1894. Que le jornalero devienne colon. Un texte qui aurait dit « On n'a jamais été colons, on est jornaleros comme les fellahs » était l'idée la plus dangereuse qui soit. C'est pour cela que l'accord du 15 Avril 1895 est resté oral. Comme Pedro Muñoz Abellan, Ibn Abi al-Lah, qui en 1501 prend deux noms chrétiens pour cacher son nom arabe et obtenir son ejecutoria de hidalguía. Pas de papier. Pas de preuve. Pas d'expulsion. L'oralité comme survie.
Et puis vient la récolte.
1902-2026. De la terre craquelée à l'abondance. Cette année-là, à Misserghin même, le Père Clément invente la clémentine. Les paniers se remplissent. Clémentines, olives, blé, raisins. Ce que la Sebkha ne voulait pas donner au début, elle finit par l'offrir, à force de travail partagé.
Du plomb au blé. Du mineur au jornalero. Du jornalero au fellah. Du fellah au Waqf.
C'est toute la lignée qui se tient dans ce trajet : De Paredes en 1643, Pedro Paredes Moreno qui obtient le droit d'être dans San Antonio de Padua, Murcie. À Paredes Granados en 1681, Pedro Joseph baptisé le 18 avril, Image 111, fils d'Antonia, elle-même fille de Juan Granados Zamora, né en 1617, et d'Isabel Muñoz Gomez, née en 1628, petite-fille de Juan Granados Diaz, né en 1584, et de Pedro Muñoz Abellan, né en 1584, Ibn Abi al-Lah, ejecutoria de 1501. Mariage le 30 mars 1666 à 10 heures. Paredes Rebollo en 1689, Andrea Rebollo Nieto. Paredes en 1726, Miguel Carlos, le chêne qui enracine. Paredes en 1769 au Rabal, Antonio Jose, le faubourg. Paredes Garcia Serrano en 1824, Ana Maria Sabas, la Sabas, numéro 483, Grande Laure, Judée, voile bordeaux, tichel à la juive sépharade, morte le 7 juin 1895. Paredes Garcia en 1854-1903, Francisco Miguel, mineur, jornalero, Misserghin, 49 ans, de Paredes à Parédé en 1894. Et enfin, Escarabajal Parédé-Paredes en 1974, Le Scribe, qui écrit 188 articles en octobre 2026 pour que cela ne disparaisse pas.
Et si l'on prétend que cela n'a jamais existé, ce n'est pas grave. Car il avait la volonté de le faire. La seule langue de mon arrière-grand-père, c'était l'espagnol, mais sa volonté était universelle.
C'est surtout cela qui compte : cela montre qu'il existe une famille qui poursuit la Tricontinentalité, et que cela aurait pu commencer entre 1895 et 1902. Francisco n'est plus une victime de la crise du plomb, un homme d'une barque de 1892, un Paredes amputé en Parédé. Il devient un précurseur. De 1895 à 1902, il pose le premier acte de la 4e Voie.
Après la terre craquelée, la récolte. C'est le symbole même de l'espoir. Pas une idée. Des paniers pleins, posés au sol, côte à côte. Le panier du jornalero et le panier du fellah. Pleins.
La Tierra No Miente. 442 ans qui ne s'expulsent pas. 124 ans de fraternité. Le Waqf Agricole, dernier peuple morisque de France. Les 6 Garanties Vitales en référé-existence 48 heures.
Signé Stéphane Escarabajal Parédé-Paredes — 1 novembre 2026 — 124 ans — JORNALERO et FELLAH — ON A JAMAIS ÉTÉ COLONS — LA 4e VOIE TRICONTINENTALE AL-ANDALUS
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